Suite à l’article sur la classification des abeilles en 2024 et à l’énorme travail de :
Patricia Henríquez-Piskulich, Andrew F. Hugall, Devi Stuart-Fox – A supermatrix phylogeny of the world’s bees (Hymenoptera: Anthophila) – 2024.
Je vais reprendre les 7 familles d’abeilles une à une.
Les changements de reclassification continueront probablement à se produire car des recherches supplémentaires sont nécessaires pour résoudre un genre aussi diversifié et
complexe.
Le nombre annoncé des espèces n’est pas figé, car cette classification des abeilles 2024
dépend de la composition des base de données mondiales utilisées.
La classification des abeilles dans le monde :
Ces chiffres sont issus de seulement quelques bases de données mondiales sur toutes celles existantes : le nombre d’espèces d’abeille et très certainement supérieur aux chiffres présentés dans cet article.
Des changements de reclassification continueront probablement à se produire car desrecherches supplémentaires sont nécessaires pour résoudre un genre aussi diversifié etcomplexe que celui des abeilles.
Une approche du type d’alimentation des abeilles est nécessaire pour comprendre la diversité des espèces d’abeilles présentes dans le monde.
Les abeilles butinent une grande diversité de fleurs.
En fonction de leur durée de vie de butineuse, les abeilles peuvent se permettre de choisir le type de fleurs à butiner du printemps jusqu’en automne.
Une espèce d’abeille peut exploiter le pollen d’une seule et unique espèce de plante.
Cela concerne souvent les espèces récoltant l’huile florale d’une plante en particulier ; mais cela rend cette espèce d’abeille vulnérable car dépendante de la floraison de cette espèce.
Les abeilles ne butinent que quelques espèces d’une famille florale.
Même si maintenant la recherche se concentre principalement sur le phylogénie moléculaire (reconstruire les relations de parenté entre des séquences de nucléotides ou d’acides aminés), la morphométrie géométrique (permet de mesurer des organe) est toujours utilisée lors de l’étude d’un genre ou d’une espèce.
La morphométrie géométrique nécessite de grandes connaissances de la morphologie des insectes et des capacités d’observation et nécessitant parfois l’utilisation de microscopes performants.
Quelques critères utilisés en morphométrie géométrique :
Les Halictidae sont composées de 4 sous-familles :
Avec 4400 espèces réparties en 82 genres.
Il en existe plus de 340 espèces en Europe.Les espèces les plus communes sont Halictus et Lasioglossum.
Chez Lasioglossum et quelques Halictus on observe des comportements sociaux de différents degrés (partage de la même entrée du nid, partage de l’aménagement des cellules, partage de l’approvisionnement…
Les Andrenidae sont composées de 3 sous-familles :
Avec 2957 espèces réparties en 50 genres.
Abeilles de 6 à 10 mm.
Les Andrenidae sont des abeilles à langue courte relativement communes en Europe.
On trouve facilement des espèces du genre Andrena dans les parcs et jardins et en ville.
Elles constituent une composante particulièrement importante des écosystèmes tempérés du nord et sont des pollinisateurs essentiels dans les milieux naturels et agricoles.
Les abeilles Andreninae sont apparues en Amérique du Sud au cours du Crétacé supérieur.
Leur caractère le plus distinctif est la présence de deux sutures subantennaires.
La glosse est aussi généralement très courte et pointue.
L’écologie des Andrenidae est relativement homogène : toutes les espèces nidifient dans le sol et aucune n’est cleptoparasite.
Les femelles récoltent toutes du pollen sur leurs pattes postérieures possédant des poils très denses courbés.
Le mâle possède une houppette de poils blancs sur le dessus de la tête.
Les taux de diversification des Andrenidae ont fortement augmenté au cours des 15 derniers millions d’années, en particulier dans les genres Andrena et Perdita.
Des changements de classification se produiront probablement lors de prochaines études des andreninae pour résoudre certaines incertitudes d’un genre aussi diversifié et complexe.
Les Melittidae sont composées de 3 sous-familles :
Avec 201 espèces réparties en 15 genres.
Les Melittidae sont des abeilles relativement rares et géographiquement limitées.
Ces abeilles ont la particularité de toutes nidifier dans le sol.
Le puit de descente vers les salles de ponte (contenant une larve chacune) peut atteindre un mètre.
Ces larves ne verront le jour qu’après hivernation.
Les Melittidae se distinguent des autres espèces d’abeilles par l’oligolectisme
(ne butinent quequelques espèces d’une famille florale) quelles font preuve.
Pour les rencontrer, il suffit de trouver les plantes hôtes de l’espèce.
Les Macropis récoltent l’huile du genre végétal Lysimachia pour tapisser leur nid et nourrir les larves en la mélangeant à du pollen. Le lysimaque ne produisant pas de nectar,
Elles sont présentes en Afrique, en Eurasie et en Amérique du Nord.
En Europe, on recense trois genres, les Dasypoda (abeilles à culotte ou à pantalon), les Macropis et les Melitta pour plus de 30 espèces.
Les Apidae sont composées de 5 sous-familles :
Avec 2957 espèces réparties en 50 genres.
Les Apidae comprennent les espèces les plus connues du grand public avec l’abeille mellifère et le bourdons
Bombus de la sous-famille Apinae.
On trouve chez les Apidae la totalité des différents grands modes de vie des abeilles : cleptoparasitisme, parasitisme social (inquilinisme), vie solitaire, grégarisme, socialité et eusocialité.
On y trouve aussi toute la gamme de spécialisations alimentaires, de spécialiste restreint à généraliste total.
Tous les Apidae sont caractérisés par une langue longue.
C’est dans cette famille que l’on trouve la Xylocopa violacea (abeille charpentière, abeille bleue) qui est la plus grande des abeilles (2,1 à 3 cm pour 5 cm d’envergure).
Elle est impressionnante par sa taille mais surtout par son bourdonnement très bruyant. Pouvant sembler menaçants par ce bourdonnement, il n’en est rien.
Elle niche dans les souches de bois mort, dans les rebords de fenêtre, les avant-toits, les balustrades, les poteaux de clôture et d’autres structures en bois.
Les Megachilidae sont composées de 4 sous-familles :
Avec 4099 espèces réparties en 83 genres.
Il existe environ 500 espèces de Mégachilidae en Europe.
On trouve des espèces parasites et non parasites, mais il n’y a pas d’espèce sociale comme chez les Apidae.
D’un point de vue morphologique, la forme rectangulaire de leur labrum, plus long que large, est caractéristique de la famille.
(Labrum des abeilles :
pièce buccale faisant office de lèvre supérieure).
Leur brosse de récolte de pollen se trouve sous leur abdomen (pour les femelles non parasite) sauf pour les espèces coucous qui n’en possèdent pas (elles pondent leur œuf dans le nid d’autres espèces).
Les femelles collectent en effet leur pollen sous le métasome (la partie postérieure du corps), alors que toutes les autres abeilles d’Europe le font sur les pattes ou dans le gésier.
Les megachilidae nichent dans des terriers, des tiges creuses, du bois mort, sous des pierres, dans une coquille d’escargot.
Les chalicodomes construisent leur nid en utilisant de la boue.
Megachile pluto, l’abeille de Wallace, originaire d’indonésie est la plus grande abeille connue.
Elle peut atteindre 6 cm
Les Stenotritidae sont composées d’1 sous-familles : Stenotritinae réparties en 2 genres :
Avec 21 espèces.
12–19 mm
Les Stenotritidae sont endémiques et elles sont présentes dans toute l’Australie continentale.
Un seul genre, Stenotritus, est présent dans l’est de l’Australie.
La famille n’est pas connue en Tasmanie.
La famille des Stenotritidae est composée principalement de grandes abeilles qui volent à une vitesse remarquable.
Ce sont les seules abeilles australiennes à posséder deux sillons sous-antennaires.
Les femelles ont un dard rudimentaire et transportent le pollen à l’extérieur sur les pattes postérieures.
Les Stenotritidés sont des espèces qui nichent au sol et construisent des habitations dont la taille peut varier considérablement. Alors que certains ne mesurent que 15 cm de long, d’autres peuvent atteindre 3 mètres de profondeur permettant de s’abriter du climat chaud australien.
Les Colletidae sont composées de 8 sous-familles :
Avec 2616 espèces réparties en 76 genres.
Les Colletidae sont principalement distribuées dans l’hémisphère sud.
La famille des abeilles à langue courte Colletidae constitue la composante majeure de la diversité des abeilles en Australie,
avec trois sous-familles clés : les Neopasiphaeinae, les Hylaeinae et les Euryglossinae. Ces trois sous-familles représentent environ 53 % de toutes les espèces d’abeilles décrites en Australie.
Elles sont présentes dans tous les biomes du continent.
Les Euryglossinae sont plus spécifiques en Australie (404 espèces, soit environ 25 % de la faune d’abeilles australienne).
Il en existe environ 150 espèces en Europe :
les Colletinae, avec le genre Colletes (7 à 14 mm), et les Hylaeinae, avec le genre Hylaeus (4 à 9 mm).
Les comportements de nidification des Colletidae sont variables.
Elles sont terricoles pour les Colletes, et rubicoles (nichant dans des tiges creuses) pour les Hylaeus.
La morphologie externe est assez variable.
Les Hylaeinae et les Euryglossinae ont la particularité d’être les seules abeilles dépourvues de scopae ou de corbiculae (soies spécialisées transportant le pollen sur les pattes postérieures ou sur la face inférieure du métasome, partie postérieure du corps).
Les Colletes sont des abeilles relativement velues, qui possèdent une brosse de récolte sur les pattes.
Les Hylaeus sont presque glabres et transportent le pollen dans leur jabot.
Leurs choix floraux varient de spécialiste (par exemple Colletes halophilus sur Aster tripolium) à généraliste (par exemple Colletes cunicularius).
Quelques fiches descriptives d’abeilles :
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